L’espace aérien investi par les citoyens

By CG / On

Si internet et les médias sociaux ont dans une certaine mesure permis une démocratisation de la parole et un accès facilité à une sphère « médiatique » élargie (avec des exemples autant positifs que négatifs en terme d’intelligence et de pertinence, et autant de tentatives louables que de projets éthiquement condamnables), la généralisation des drones soulève une question relativement peu évoquée en dehors du champ juridique, qui est celle de l’investissement par des individus (ou citoyens), d’un espace dont ils étaient  historiquement exclus (les vols commerciaux mis à part): l’espace aérien. Depuis l’avènement du drone grand public, tout un chacun, dans une optique de divertissement, dans un dessein militant, politique ou commercial, ou encore dans le cadre de visées criminelles ou terroristes (quoique souvent évoquée par les médias, cette option semble pour l’instant relever du fantasme dystopique), peut explorer le ciel au dessus de nos villes plus ou moins librement. Paradoxalement, la présence d’une caméra dans ces engins semble avoir principalement généré une rhétorique de méfiance, le quadcopter grand public bénéficiant de l’aura de son grand frère militaire, les drones armées américains ou israéliens étant devenus depuis le début des années 2000 les armes de prédilections de la guerre asymétrique. Le discours généré par la présence récente dans le ciel parisien ou sur des centrales nucléaires françaises de ces engins à priori civils, attestent du la désorientation que cette rupture spatiale produit: on ne connaît ni l’origine, ni le but de ces manœuvres, on n’a aucune solutions à proposer pour les interrompre ou les interdire, ce qui fait des de ces petites machines des vecteurs de discours fascinants, polarisant toutes les peurs contemporaines, et oBITplaneffrant à une pratique militante un outil étonnamment efficace: en 1999 déjà, un collectif d’artistes-ingénieurs, le Bureau of Inverse Technology (BIT), filmait, depuis un avion télécommandé, le complexe militaro-industriel américain implanté dans la Silicon Valley, interrogeant les enjeux de la production de ces technologies. Il semble donc nécessaire de penser ces dispositifs de manière alternative, sans y voir nécessairement l’aboutissement de la société de surveillance, incarnée aujourd’hui par l’exploitation de données récoltées sur internet avant tout. 

 

Si internet et les médias sociaux ont dans une certaine mesure permis une démocratisation de la parole et un accès facilité à une sphère « médiatique » élargie (avec des exemples autant positifs que négatifs en terme d’intelligence et de pertinence, et autant de tentatives louables que de projets éthiquement condamnables), la généralisation des drones soulève une question relativement peu évoquée en dehors du champ juridique, qui est celle de l’investissement par des individus (ou citoyens), d’un espace dont ils étaient  historiquement exclus (les vols commerciaux mis à part): l’espace aérien. Depuis l’avènement du drone grand public, tout un chacun, dans une optique de divertissement, dans un dessein militant, politique ou commercial, ou encore dans le cadre de visées criminelles ou terroristes (quoique souvent évoquée par les médias, cette option semble pour l’instant relever du fantasme dystopique), peut explorer le ciel au dessus de nos villes plus ou moins librement. Paradoxalement, la présence d’une caméra dans ces engins semble avoir principalement généré une rhétorique de méfiance, le quadcopter grand public bénéficiant de l’aura de son grand frère militaire, les drones armées américains ou israéliens étant devenus depuis le début des années 2000 les armes de prédilections de la guerre asymétrique. Le discours généré par la présence récente dans le ciel parisien ou sur des centrales nucléaires françaises de ces engins à priori civils, attestent du la désorientation que cette rupture spatiale produit: on ne connaît ni l’origine, ni le but de ces manœuvres, on n’a aucune solutions à proposer pour les interrompre ou les interdire, ce qui fait des de ces petites machines des vecteurs de discours fascinants, polarisant toutes les peurs contemporaines, et oBITplaneffrant à une pratique militante un outil étonnamment efficace: en 1999 déjà, un collectif d’artistes-ingénieurs, le Bureau of Inverse Technology (BIT), filmait, depuis un avion télécommandé, le complexe militaro-industriel américain implanté dans la Silicon Valley, interrogeant les enjeux de la production de ces technologies. Il semble donc nécessaire de penser ces dispositifs de manière alternative, sans y voir nécessairement l’aboutissement de la société de surveillance, incarnée aujourd’hui par l’exploitation de données récoltées sur internet avant tout.